Editorial
Notre intervention dans le domaine culturel a surpris, il semble que le sens que nous lui donnons n'a pas toujours été compris. Ainsi ce lecteur occasionnel nous écrivant: « Le public fribourgeois est amplement servi en manifestations culturelles de tout genre. Le seul regret, c'est qu'il n'y joue trop souvent qu'un rôle passif (spectateur), au lieu d'un rôle actif. J'estime que Pro Fribourg serait bien inspiré de mener d'abord à bien la première tâche qu'il s'est fixée, à savoir la réanimation des vieux quartiers de notre ville ».
A ce lecteur, nous ne saurions mieux répondre, pour préciser notre pensée, que par ces lignes de l'architecte Janos Farago: « Si l'ensemble du noyau historique d'une ville devrait être autant que possible physiquement intact, ceci est aussi vrai pour son contenu moral sans lequel la valeur de la beauté physique devient nulle. La continuité de certaines fonctions liées à son passé doit être assurée, sans quoi il ne reste qu'un cadavre fardé ».
Nous ne sommes en fait les ennemis de personne. La critique stérile n'est pas notre but; nos lecteurs, par les réponses données à notre enquête, l'ont pour la plupart compris: une culture vivante a des exigences qui vont à l'encontre de la facilité avec laquelle tout un chacun a des accointances secrètes. Que ces exigences impliquent la participation active et lucide de la Communauté dans son ensemble, dût-elle mettre en question certaines routines, voilà ce que nous voulions dire et voilà pourquoi nous continuerons à nous en prendre résolument à l'apathie, à la torpeur, à la paresse, au contentement de soi, et d'abord à nous-mêmes.
Si notre entreprise se limitait à la diffusion de ces deux bulletins, quand bien même elle aurait permis d'établir un dialogue réel avec ceux de nos lecteurs qui se sont sentis concernés par les questions que nous soulevions, elle n'en demeurerait pas moins tronquée. Ainsi que nous l'indiquons dans ce présent bulletin,notre démarche va se concrétiser par quelques initiatives, partielles certes, mais qui devraient permettre de s'orienter vers une culture qui, plutôt que plaisir de l'esprit, soit inquiétude de l'esprit. Ces initiatives doivent aller de pair avec un approfondissement, une réflexion vers plus d'authenticité. La fécondité de nos efforts va dépendre à la fois de la cohésion et de l'ouverture de nos équipes de travail.
Nous remercions les Fribourgeois, d'origine et d'adoption, qui ont bien voulu répondre à notre questionnaire culturel et, par leur participation, nous ont permis de dégager une image qui ne doive pas trop aux clichés et aux conventions.