Editorial
Quand nous affirmons que le cœur ancien de la Cité, nos quartiers historiques, sont les témoins de la continuité de notre culture, ce n'est pas langage d'idéalistes, d'esthètes, phrases creuses, vides de sens.
Pourtant la question se pose:
Est-il possible de parler de culture à l'échelle d'une ville de 40 000 habitants et d'un coin de terre qui n'en compte pas 100 000 ?
Et de quelle culture s'agit-il ?
Faut-il se contenter, se résigner à une ségrégation de fait: d'une culture pour initiés, d'un culte de l'Art pour l'Art, d'une culture ornementale, émanation d'une esthétique de notables ?
N'y a-t-il pour alternative que ce qu'on appelle « culture de masse » ?
Ne s'agit-il pas en fait d'une culture au rabais ? Quel artiste, quel écrivain, quel compositeur se soucie-t-il de produire pour la masse ?
Les ciné-romans feuilletons, la presse du cœur, les hebdos à sensation, les juke-boxes correspondent-ils au goût du public?
Ou alors faute de quoi ?
Qu'apportent la radio, la télévision, la presse quotidienne face à la marée envahissante ?Une politique de la culture n'est-elle pas aussi nécessaire pour une ville qu'en matière d'épuration des eaux, de circulation et de logement ?
L'ambiance culturelle — l'ambiance tout court — d'une ville ne compte-t-elle pas autant pour son développement que les données économiques ?
L'exode qui touche les jeunes ne nous prive-t-il pas des éléments les plus dynamiques, les plus ouverts sur le monde ?
L'attrait, l'attirance des grandes villes va-t-elle condamner Fribourg à une existence marginale ?
A ces questions, nous ne prétendons pas apporter de réponse.
Nous soumettons ce premier document à votre réflexion.
La parole est à nos lecteurs.
PRO FRIBOURG