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Editorial

Ce bulletin se veut en hommage à nos amis lyonnais et particulièrement à Régis
NEYRET qui ont été à la tête de CIVITAS NOSTRA au cours de ses trois premières
années d'existence. Ils ont amené une prise de conscience de l'identité des problèmes qui se posent dans tous les ensembles anciens.

Par le transfert du secrétariat de CIVITAS NOSTRA de Lyon à Fribourg, ce sont les horizons de notre mouvement qui s'élargissent aux dimensions d'une communauté de trente cités.

CIVITAS NOSTRA est, en fait, l'expression d'un courant nouveau. La défense purement sentimentale des vieilles pierres est désormais dépassée. Elle a eu certes son utilité, mais notre temps exige que nous refusions toute attitude négative se cantonnant à de futiles combats d'arrière-garde.

De plus en plus de jeunes se passionnent — le mot n'est pas trop fort — pour les quartiers anciens. Que ce soit les équipes de volontaires qui œuvrent sur les chantiers du quartier du Marais à Paris, les jeunes de Nyon qui surprennent par leur style neuf et percutant, les « mordus» qui s'efforcent de sauver de l'oubli et de la ruine des centres historiques désertés, tous ont en commun le sentiment de travailler pour l'avenir.

Il s'agit de redonner une dimension humaine à nos Cités, une dimension humaine qui se trouve précisément « réfugiée» dans le cœur ancien de nos villes. En revitalisant nos ensembles anciens, nous savons que nous apportons un témoignage qui doit permettre de féconder l'urbanisme de demain.

Le temps est passé où l'on pouvait impunément faire table rase des témoins historiques de l'habitat des hommes. Ces témoins s'avèrent plus durables que bien des immeubles que l'on qualifie abusivement de modernes alors qu'ils ne sont que récents et démontrent piteusement que le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui.

La prise en charge du secrétariat de CIVITAS NOSTRA pour trois ans se révèle une chance pour notre mouvement : elle nous fera vivre les expériences de cités sœurs et, dans la recherche d'une difficile synthèse, nous obligera à approfondir moyens et méthodes.

C'est précisément l'occasion que nous offre l'exposition itinérante de CIVITAS NOSTRA « Quartiers anciens, vie d'aujourd'hui », qui sera inaugurée au Musée de Fribourg le soir du 19 mai.

Cette découverte des problèmes à l'échelle de notre fédération nous fera parallèlement mieux saisir les dimensions réelles de notre tâche sur le plan régional. C'est ainsi que notre bulletin sera dès maintenant diffusé dans l'ensemble du canton grâce à la collaboration qui s'établit avec la Société fribourgeoise d'art public.

Progressivement, nous pourrons de cette façon poser le problème de la sauvegarde et de la mise en valeur de nos sites et de nos ensembles anciens dans son contexte, qui est celui de l'aménagement du territoire.

Gérard Bourgarel

Secrétaire général (nouveau) de Civitas Nostra

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