Editorial
Que la Broye soit morcelée, c’est un premier handicap; qu’elle soit éloignée des centres de décisions en est un second. Du côté vaudois, la région a été, et reste encore l’arrière-pays de l’arc lémanique. Du côté fribourgeois, c’est un district à part, qui, de nature, n’est pas tourné vers la capitale cantonale. Et c’est une vieille histoire: sous la tutelle des Messieurs de Berne et de Fribourg, sous l’Ancien Régime, la région était déjà écartelée et soumise à un régime pesant. Vous trouverez dans ce cahier, quelques témoignages cocasses et instructifs d’une dure réalité.
Pour l’essentiel, hier comme aujourd’hui. Il manque à la Broye un véritable centre. Les Broyards, de leur propre initiative, tentent d’y remédier et les projets communs prennent forme: les mentalités ont évolué et les changements se font naturellement.
Pour la gestion et la mise en valeur du patrimoine, il est plus facile de coordonner la propagande touristique que d’unir les moyens de sa préservation. A l’heure où la Confédération bloque les crédits, les perspectives sont franchement catastrophiques. Le sort, la survie de l’abbatiale de Payerne, monument d’importance européenne, est en jeu.
Au chapitre de la mémoire, il convient, pour ce centième anniversaire de son exploit aéronautique, de revenir sur le destin tragique d’Ernest Failloubaz. Porté par sa gloire naissante, il s’est lancé dans les «affaires»: projets de fabrication d’avions sous licence, d’aérodrome, d’école d’aviation. Il se lance sans parachute, avec impétuosité, mais sa maîtrise l’abandonne, le conduit au crash final, la faillite et l’opprobre sociale, la maladie et la mort solitaire.
Pour ne pas rester sur cette note sombre, nous pouvons relater de bonnes nouvelles qui nous viennent du Parc régional Gruyère – Pays d’Enhaut, autre initiative intercanto- nale qui prend forme concrètement. Et, toujours dans le même cadre humain et géographique les 20 ans bien sonnés du Musée de Charmey, l’un des plus petits du Canton, mais sans la moindre étroitesse: imaginatif et rayonnant. Bravo l’artiste!
Gérard Bourgarel