Biogaz Petit Vivy, dans l'attente de la décision du TF

Au Petit-Vivy, à Barberêche, les agriculteurs promoteurs d'un projet d'installation de biogaz font recours au Tribunal fédéral. Ils s'élèvent contre la décision du Tribunal cantonal qui donnait raison aux opposants à ce projet, prévu dans une zone ISOS (inventaire fédéral des sites à protéger en Suisse) d'importance nationale.  C'est cette dernière instance qui tranchera dans cette affaire où il est question de protection du patrimoine.

Pour répondre aux nombreuses questions suscitées par ce dossier, il faut préciser que Pro Fribourg n'est pas opposé au biogaz, mais dans ce cas précis du Petit-Vivy, à l’emplacement choisi. Patrimoine Suisse avec sa section fribourgeoise s’est également opposé à ce projet dont l’impact est conséquent: deux bâtiments + un silo de 16m de diamètre recouvert d’une bâche en plastic, à quelques encablures du château du Petit-Vivy et de son donjon du XIIIe s. 

En effet, Barberêche est un site ISOS d’importance nationale (inventaire fédéral des sites à protéger en Suisse). Cet inventaire qualifie l’ensemble « comme une vaste portion de campagne remarquablement intacte sur la rive nord-ouest du lac de Schiffenen ».
Avec ses qualités paysagères et patrimoniales, le site est mis sous protection de la Confédération, du canton et de la commune, qui estiment qu'il mérite la plus haute valeur de protection. D’ailleurs, dans ce contexte, la commune avait dès le début donné un préavis négatif à ce projet. 
Aujourd’hui, les prises de positions concernant les énergies renouvelables aboutissent à la conclusion qu’elles ne doivent pas entrer en conflit d’intérêts avec la préservation du patrimoine construit ou paysager et que leur place se situe dans les zones d’activité ou industrielles. 
C’est à notre sens une position défendable pour le Petit-Vivy, où il est prévu que plusieurs agriculteurs amènent en tracteur ou en camion leurs déchets organiques afin de faire fonctionner l’installation. Nous estimons qu’il est plus judicieux de diriger ce trafic vers une zone d'activité, industrielle ou à bâtir. D’autres variantes étaient possibles, elles n’ont malheureusement pas eu la faveur des agriculteurs concernés. 

Dans les faits, le canton perd chaque année une portion non négligeable de son patrimoine. Cela fait partie des buts de Pro Fribourg que de le défendre. Vouloir opposer patrimoine et énergies renouvelables est un mauvais calcul, car il s'agit aujourd'hui de trouver les solutions permettant de développer et d'installer ces énergies sans prétériter nos paysages et sites construits qui forgent l'identité de notre pays. En ce sens, la future décision du Tribunal fédéral apportera un éclairage sur la question. 

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