La maison Monney de Jean Pythoud à Léchelles

La maison construite en 1963 par l'architecte Jean Pythoud à Léchelles ne sera pas protégée. Pourtant, "Jean Pythoud est un excellent architecte, qui au sein des tenants suisses de la modernité, a fourni une précieuse contribution." dixit Christoph Allenspach, historien de l'art et spécialiste de l'architecture contemporaine dans sa préface à la publication bilingue Pro Fribourg no 106 "Jean Pythoud, économie de moyens ».

A Fribourg, on doit à Jean Pythoud les deux d'habitation "Sicoop" au Vieux-Chêne, le bâtiment cantonal des autoroutes à Givisiez construit en 1968-69, l'école primaire de la Vignettaz (1974-76), trois immeubles de la Solidarité dans le quartier du Jura, (1960-63), les Instituts universitaires de sciences à Pérolles (1964-1968, avec Franz Füeg), le Préventorium pour enfants à Les Sciernes d'Albeuve (1964-1966), le Foyer pour jeunes filles de Jolimont (vers 1970), les écoles primaires de Belfaux (1972) et Grolley (1973)  etc. 

Bien que préférant l'habitat urbain et dense, Jean Pythoud a tout de même construit quelques habitations individuelles, entre autres, l'ensemble de villas Baticoop à Courtepin (1959-62), une maison d'habitation individuelle à Romont (1965-66), à Belfaux (1978), Arconciel (1982) et la maison Monney à Léchelles.

Une grande partie de ses ensembles et habitations individuelles est aujourd'hui protégée de la destruction ou des altérations par le biais des Règlement communaux d'urbanisme. Dans certaines communes, où les plans sont en révision, ces édifices bénéficient déjà d'appréciations élevées au recensement et pourraient être légalement protégés lors des approbations des plans d'aménagement.

C'est le cas de la maison Monney. Située en dehors du village, elle constituait dans son concept la maison minimale pour une famille, qui devait être réalisée avec des moyens financiers modestes. L'architecte a conçu une maison fonctionnelle, d'une grande unité formelle et esthétique, pour une architecture finalement simple et équilibrée. 

Bien que recensée en valeur A et inscrite au Recensement d'architecture contemporaine depuis 1994, des modifications brutales ont altéré cette maison construite en 1963, au point que son inscription au PAL de la commune de Belmont-Broye dont fait partie Léchelles est aujourd'hui compromise. Des dégradations que la Commune a laissé faire, malgré les recensements connus. Une situation qui reflète encore une fois la fragilité de notre patrimoine et qui dénote le manque flagrant d'une culture du bâti dans ce canton.